Né en Russie à Karkov, en 1901, Miron Maurice Baskine est décédé à Paris en 1968.

Il a quatre ans quand sa famille s'installe à Paris.

Après qu'il ait exercé différents métiers, le hasard met entre ses mains, en 1933, un livre traitant des rêves. Son univers chavire alors. Un monde nouveau s'ouvre à lui. Il devient interlocuteur de Gérard de Nerval, Baudelaire, Nostradamus... et se met à peindre.

En 1940, alors qu'il est de nationalité ukrainienne, il s'engage dans l'artillerie alliée. Démobilisé. Emprisonné, refusant de travailler pour l'occupant, il s'évade et rejoint la résistance.

En 1945, sa première exposition à la galerie Katia Granoff attire l'attention de Jean Dubuffet, Jean Paulhan, André Breton. L'année suivante, iI rejoint le groupe surréaliste, révèle Fulcanelli à André Breton, dont il illustre l'ouvrage Arcane 17.
En 1947, à l'Exposition internationnale du surréalisme, à la galerie Maeght, il réalise le 13ème autel, l'Athanor, consacré à l'alchimie.
En 1948, il organise l'exposition COMME, à la galerie Jean Bard, rassemblant 11 jeunes surréalistes (dont le Cordais Francis Meunier).

En 1951, il rompt avec le surréalisme, souhaitant "rester à l'écart de ces manipulations de souffleurs qui n'anoblissent pas le plomb, mais qui avilissent l'or" et déclare vouloir "continuer isolément son aventure".

Côtoyant surréalisme et art brut, travaillant en relief une matière composite, Baskine élabora, dans la ligne de l'alchimie, ce qu'il nommait Fantasophie, pour atteindre à la "sagesse du fantastique" et à la découverte de la "pierre fantasophale". Son grand œuvre, le triptyque "Fantasophe-Roc ou l'édification de la pierre de Fantasophopolis", présentée en 1957 à la galerie Furstenberg, est authentiquement surréaliste et alchimique par les thèmes qui l'illustrent et le mystère qui s'en dégage.

"Peintures-sculptures" (René Huyghe), d'une matière inconnue, sculptures, albums (Les Bacchanales, Voyage autour de l'Un-fini,...) , jalonnent son itinéraire de plasticien et d'alchimiste. Ses œuvres témoignent de la grande inventivité d'un plasticien qui, sans cesse, transforme toutes choses : formes, matériaux, objets, pour traduire leur vérité ésotérique."
Noëmi Blumenkranz

Suite à l'exposition rétrospective de l'oeuvre de Maurice Baskine au MAMC en 2003, Jean Saucet, collectionneur et ami de l'artiste, a fait don à la mairie de Cordes de la quasi-totalité de l'oeuvre de Maurice Baskine.