La donation de Jean Bollery en 2004 a enrichi les collections du musée. Elle portait exclusivement sur l'oeuvre d'Aline Gagnaire (1911 - 1997).

Autodidacte, très jeune, Aline Gagnaire peint des œuvres surréalisantes, d'inspiration onirique.

En 1938, elle participe aux activités des jeunes membres du groupe "Les Réverbères", qui se réclament du mouvement Dada. En 1941, elle rejoint le groupe "La Main à plume" dont Noël Arnaud est le principal responsable. En 1942, Aline et son mari, le peintre Pouget, passent une partie de la guerre à Penne du Tarn, village à proximité de Cordes sur Ciel, où vit également Noël Arnaud. Divorcée en 1958, elle garde la maison de Penne où elle reviendra durant les étés.
Son amitié avec Noël Arnaud depuis 1955 est devenue une liaison qui sera l'un des moments forts dans sa vie. Elle devient auditrice au Collège de Pataphysique dont Noël Arnaud est l'un des membres éminents.

Ayant fait partie de l'OuPeinPo (Ouvroir de peinture potentielle, co-commission du collège de Pataphysique) dès sa première création éphémère en 1964, elle deviendra un membre actif de l'actuel OuPeinPo constitué en 1980-1981.

Malgré de graves ennuis de santé qui l'éprouvent, Aline Gagnaire poursuivra une étonnante et riche activité artistique, jalonnée d'expositions tant en France qu'à l'étranger.

Elle fut la première à utiliser des chiffons, froissés et durcifiés, dans la composition totale d'un tableau. Elle inventa également un matériau complexe fait, entre autres, de plâtre, de résine et d'étoupe, avec lequel elle dressa, en relief, des figures énigmatiques, pétrifiées, d'un blanc immaculé, surgies d'un outre-monde.

"Les tours et les détours du parcours artistique d'Aline Gagnaire peuvent surprendre. Elle ne veut pas séduire, mais dénoncer. Une sensualité exarcerbée, un besoin intransigeant de vérité la mènent à combattre les contradictions, les obsessions, les absurdités humaines. Son indépendance acharnée, sa liberté extrême, la conduisent à explorer, inventer, innover. A force de scruter les visages, d'y démasquer les mystères, les délires, les joies, les souffrances, elle traverse les apparences carnivores à la recherche de l'être."  Jean-Gabriel Jonin

 

On peut lire un article consacré à Aline Gagnaire sur le site de la mairie de Penne (Tarn), à l'adresse suivante :

Aline Gagnaire - Peintre surréaliste

Par ailleurs, vous trouverez à l'adresse suivante un portrait de la peintre Aline Gagnaire réalisé par Robert Caparrado (documentaire diffusé à la Biennale Beaubourg 1995). Il s'agit d'un film de 31 minutes.

Aline Gagnaire ou la Passagère de l'Atelier 37