Le Surréalisme de prolongement éternel

Cette exposition, visible jusqu’au 18 mai, accueille des œuvres d’artistes actuels qui aborde l’art dans la continuité du mouvement surréaliste. Près d’un siècle après la rédaction de son premier manifeste, le surréalisme contemporain continue de nous émerveiller. Rendant hommage à Magritte, Breton et Dalí, les surréalistes d’aujourd’hui explorent tour à tour les rêves et la société . Véritable trait d’union entre le monde onirique, l’inconscient et la lutte politique, le surréalisme nous transporte.

Une conférence de Bruno Geneste “Les Hauts lieux d’André Breton” aura lieu le samedi 16 mai à 17h au musée. Entrée libre. Rencontre et échange suivi d’un pot convivial.

Les surréalistes ont su parcourir les territoires de l’inconnu, repoussant leurs propres frontières perceptives, et s’obligeant, d’André Breton à toute une constellation de créateurs, à la traduction perpétuelle de l’insondable vertige du Merveilleux…

 

Manifeste du Surréalisme de prolongement éternel

(2024-2124)

Le Surréalisme est vivant, plus que jamais. Il s’affirme aujourd’hui dans une création devenue une forme de flux invariable, rassemblant les libertés les plus vives sous le Signe Ascendant… Le Merveilleux – reliant à travers le temps les « Grands Anciens » et les « Membres historiques » – y est une force active, capable de transcender le réel, de permettre un accès à un « mode de vie » poétique, en élévation continue. Le créateur agit alors pour atteindre le « plus de réalité », comme un alchimiste symbolique travaillant inlassablement sur les formes, les systèmes et les perceptions. Les disciplines se mêlent : poésie, hermétisme, code, biologie, IA, performance. L’œuvre est un organisme évolutif, ouvert à l’errance, à la dérive, à la contradiction, à la métamorphose. La création surréaliste actuelle vise à augmenter les béances, à dérégler les évidences, à libérer les possibles. Ici, le temps devient circulaire : chaque geste s’inscrit entre les présages et les futurs imaginés. Le surréalisme n’est pas un style, mais une méthode d’exploration du possible. Il propose une résistance subtile contre la standardisation, contre l’uniformisation. Sa règle majeure est d’être infiniment insaisissable, détourné, réactivé, prolongé. Être surréaliste, c’est s’intéresser à tout ce qui n’est pas le Surréalisme. Ainsi, plus que jamais, il est possible d’affirmer, avec Gérard Legrand, que « le Surréalisme est là où sont les surréalistes » !

Paul Sanda,

Cordes sur Ciel, 2024.

Exposition en collaboration avec la Maison des Surréalistes de Cordes sur Ciel et la Maison de la Poésie de Quimperlé